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Jane Birkin a souvent habillé, déshabillé les œuvres de Serge, « poète majeur »qu’elle interprète depuis la parution du premier album qu’il lui a composé, Serge Gainsbourg/Jane Birkin, paru en 1969. La séparation ou la mort n’y ont rien fait : Jane porte les chansons de son compagnon de vie et d’art, qu’elles aient été créées lorsqu’ils vivaient ensemble ou lorsque la force de leur lien perdurait au-delà des conflits.

« C’est un privilège que l’un des plus grands auteurs français ait écrit pour moi de mes 20 ans jusqu’à mes 45 ans. Voilà, ça n’a jamais cessé. C’est une situation étrange. Qu’est-ce que je peux faire pour lui maintenant, alors que tout est trop tard ! Au moins je peux le porter, l’emmener. Dire ses mots ! ».
Après Arabesque, réalisé avec le violoniste algérien Djamel Benyelles en 2002, après Via Japan, conçu dix ans plus tard avec des musiciens japonais, voici Birkin/Gainsbourg, le symphonique. Sous la direction artistique de Philippe Lerichomme, « l’homme de l’ombre », compagnon de route de Serge et de Jane depuis le milieu des années 1970, vingt- quatre chansons ont été arrangées par Nobuyuki Nakajima, « un grand couturier », dit Jane Birkin. « Nobu » est né en 1969 au centre du Japon. Pianiste, il est aussi compositeur.
Il a notamment signé des bandes originales de films et de séries de télévision, dont certaines conçues avec Ryuichi Sakamoto, le compositeur des BO de Furyo, du Dernier Empereur ou de Talons Aiguilles. Publié en 2015, l’album Broken Blossoms témoigne de l’élégance et de la vaste culture musicale de Nobuyuki Nakajima. De L’Anamour (1969) à Lost Song (1987), l’univers de Serge made in Jane est revu à l’aune de la musique classique, avec en prime des chansons invitées au programme, telles La Javanaise, écrite pour Juliette Gréco et Pull Marine pour Isabelle Adjani. « Serge aurait été ravi. La musique classique l’a toujours touché beaucoup, mais il était modeste, il avait peur de ne pas être à la hauteur, lui qui a composé des mélodies comme La Javanaise ou Fuir le bonheur ! Il s’est parfois inspiré de grands compositeurs, de Brahms pour Baby Alone In Babylon, de Chopin pour Jane B, de Grieg pour Lost Song … Comme s’il fallait sublimer quelque chose». Birkin/Gainsbourg : Le Symphonique est une histoire croisée. Elle commence au Japon en 2011, quelque temps après la catastrophe du tsunami et de la centrale nucléaire de Fukushima. Le Japon avait accueilli Serge et Jane, puis Jane en solo, avec un amour passionnel de la chanson française. Jane voit le pays meurtri et part y donner deux concerts en soutien à ce Japon « qui vit sur une faille et le sait. Le peuple japonais vit avec cette étrangeté, courageusement, il a cultivé la beauté de l’éphémère, des plats très jolis, qui disparaissent quand tu les manges, des compositions de fleurs. ».
En 2011, Jane Birkin recrute sur place un pianiste pour l’accompagner au débotté. On lui présente Nobuyuki Nakajima, dit Nobu. Il écrit « de magnifiques arrangements, si délicats, si émouvants », et les voici partis en quatuor et en tournée pour deux ans, avec le spectacle Via Japan. La transmutation se fait à Montréal, où les Francofolies québécoises lui proposent en 2016 de créer un concert « Gainsbourg symphonique » avec l'Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Simon Leclerc. « Et l’affaire était dans le sac », se réjouit Jane. L’idée germe d’en faire un album, arrangé par Nobu. « Pendant un an, Philippe Lerichomme et lui ont travaillé au projet, choisi des chansons les plus adaptées au mode symphonique et au style de Nobu, qui a le sens du drame. Moi il me manquait une ou deux chansons dans leur choix – en particulier j’y ai ajouté Une chose entre autres. C’est un message personnel, en fait toutes les autres aussi, comme tout ce qu’il a écrit après notre séparation, mais celle-ci dit : « Une chose entre autres que tu ne sais pas, tu as eu plus que d’autres le meilleur de moi ». Oui, cela me semblait vraiment vrai que j’ai eu le meilleur de lui. Jusqu’à sa mort. C’est le résumé de notre travail depuis que l’on ne vivait plus ensemble »

L’album a été enregistré à Varsovie. « Il devait l’être à Shangaï, mais à la dernière minute les Chinois n’ont pas voulu donner de visas. Je suppose que c’était à cause de mes engagements en faveur d’Aung San Suu Kyi en Birmanie ou du Dalai Lama. Mais c’est bien, dans cet enregistrement, il y a quelque chose de slave ». Nobu place la voix de Jane comme si elle était un instrument de l’orchestre, il lui laisse de l’espace, dégage des plages de piano solo, et le chant ne perd jamais l’orchestre. Les paroles sont parfois étrangères au musicien japonais, comme cet Exercice en forme de Z, référence iconoclaste, drolatique à Zazie dans le Métro de Raymond Queneau. « Et d’un seul coup, il crée un climax d’instruments, et moi je saute sur l’estrade avec le chef !!!  Nobu a compris le charme de Serge, qui peut être drôle tout autant que dramatique, capable de rire d’un prout et de pleurer quand son âme est touchée». Nobuyuki Nakajima a conçu de véritables petites pièces musicales en introduction de certaines chansons, affirmant un style qui emprunte aussi aux comédies musicales américaines, au jazz ou à la musique contemporaine. « Il y a quelque chose de Bernstein dans ces orchestrations et de Gustav Mahler aussi. Quelque chose d’excessif ». Le public, au départ, ne reconnaît pas la chanson, poursuit Jane. « Puis, elle commence, alors ils sont soulagés. Il y a un soupir, ils se rappellent de quand ils l’ont entendue, avec qui, où. Je me suis rendue compte très récemment à quel point nous faisions partie de leur histoire, c’est très incroyable. Nobu l’a compris et c’est ça la beauté de ses orchestrations».

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Photos : © Carole Bellaïche - © Warner Music France 2017